Association ALPC
Apports du code LPC

Parler français avec les enfants sourds

Comment parle-t-on aux enfants sourds ?

Les difficultés de perception de l’enfant génèrent souvent une perturbation supplémentaire : du fait de la nécessité de se faire comprendre sans délai de leur enfant sourd, la plupart des parents entendants tendent à simplifier – souvent à outrance – la langue qu’ils utilisent.

Apports du code LPC

Utiliser une langue correcte et variée avec un enfant sourd profond, sans offrir de complément à ses perceptions auditives et visuelles s’avère quasiment impossible. De nombreux parents se privent alors de parler comme ils le souhaiteraient et dérivent rapidement vers l’usage d’une langue appauvrie. Ils se contraignent à réduire leur vocabulaire au maximum et à produire les phrases les plus simples et les plus courtes possibles.

Des expressions usuelles telles que “Mets ton blouson, boutonne-le bien. Il fait froid aujourd’hui” perdent leur richesse de vocabulaire pour devenir “Mets. Ferme. Il fait froid ”. D’autres petites phrases courantes telles que : “Avant de partir, sois gentil ! Range tes petites voitures ! ” perdent leur originalité syntaxique et deviennent : “C’est l’heure. On part. Range.” Cette dérive prive l’enfant de découvrir l’intégralité de la langue.

Cette première dérive en entraîne souvent une seconde : les adultes utilisent progressivement une langue de plus en plus altérée, présentée dans des phrases grammaticalement privées de tous les éléments difficilement perceptibles (prépositions, conjonctions, articles contractés, formes conjuguées des verbes, etc.).

Des simplifications apparemment innocentes telles que : “Je te le donnerai demain” qui – accompagnées de gestes clairement explicites – deviennent “donne demain”, facilitent la compréhension immédiate par l’enfant mais le privent de la découverte des pronoms personnels, de la façon dont il faut les placer, ainsi que de la conjugaison du verbe.

Certes, dans ces conditions, l’enfant comprend vite mais il “apprend” une langue déformée. Quand il voudra, à son tour, réemployer ce qu’il a perçu, il s’exprimera dans une langue pauvre avec des phrases déstructurées et des mots déformés.

L’enfant sourd qui doit découvrir la langue à travers l’audition et la lecture labiale se trouve doublement handicapé: à ses propres limites perceptives s’ajoutent souvent les limites du modèle linguistique proposé.

La LPC permet d’utiliser une langue correcte et riche avec l’enfant sourd

Réhabilitant la perception visuelle de la langue, la L.P.C. permet aux parents et à tous les adultes qui entourent l’enfant d’éviter cette dérive. Il permet d’exposer l’enfant à une langue correcte et riche.

La LPC permet aux personnes sourdes de recevoir confortablement – dans toutes les circonstances de la vie – le français oral dans le strict respect de la phonologie, y compris lorsque l’appareil est moins efficace comme dans les situations bruyantes (discussions familiales, réunions, fonds musical…) ou lorsque l’appareil est éteint (nuit, bain….) ou en panne…

Grâce à la LPC, les enfants sourds peuvent prétendre à :

  • une lecture labiale (sur les lèvres) optimaleen complément de leur perception auditive,
  • la découverte naturelle et spontanée d’un français précis et richeà travers toutes les situations de communication (familiales et scolaires), sans besoin de séances fastidieuses d’explication du fonctionnement de la langue,
  • une réelle maîtrise de la langue françaisesous tous ses aspects : richesse du vocabulaire, précision syntaxique.

La LPC rend à la surdité ses justes limites de handicap sensoriel. Grâce à l’usage précoce de la LPC, la surdité ne génère plus de handicap linguistique.

 

Une pédagogie spécialisée très allégée

Quand il a accès à une langue orale riche et variée, l’enfant sourd n’est plus handicapé face au français écrit. Il retrouve dans les textes écrits le français oral qu’il connaît déjà. La scolarité et l’accès aux savoirs ne sont plus entravés par la méconnaissance du français. Une scolarité en intégration peut être envisagée dans la plupart des cas, avec un soutien adapté. En général un soutien orthophonique et/ou l’aide d’un ou d’une codeuse en classe restent néanmoins indispensables pendant la scolarité.

Pour aller plus loin :

  • Parents d’enfants sourds, quelques réponses à vos questions (doc PDF)
  • « La langue française parlée complétée, fondements et perspectives », ouvrage collectif sous la direction de Jacqueline Leybaert (éditions Solal, 270 pages, 31 euros, 2011)
  • « 100 idées pour aider un enfant sourd à parler français » de Brigitte Maunoury-Loisel et Françoise Cattoni-Larroche aux éditions Tom Pousse (2014)
  • « Objectif Langue : Quelle langue orale pour les sourds aujourd’hui ? », Journée d’études ALPC-Génération Cochlée 21 mars 2015, disponible à l’ALPC : contact@alpc.asso.fr ou à Génération Cochlée : generation-cochlee@orange.fr