Le codeur LPC

Le codeur LPC (Langue française Parlée Complétée) est un professionnel de la surdité qui intervient dans des lieux divers auprès d’une ou plusieurs personnes sourdes dans des situations de communication rendant la réception labiale ou audio labiale difficile ou impossible.

Le rôle du codeur est de transmettre tous les messages oraux en langue française avec l’aide du code LPC.

Il accompagne l’élève sourd dans ses apprentissages. Composante de l’équipe pédagogique spécialisée, il assure le lien avec l’équipe pédagogique d’accueil. Il facilite l’intégration du jeune sourd.

Il intervient principalement auprès d’enfants et de jeunes sourds intégrés dans une classe ordinaire d’un établissement d’enseignement.

1) Lieux d’intervention

> Lieux d’enseignement et de formation : établissements de la maternelle aux études supérieures, formation professionnelle.

> Lieux d’examens.

> Conférences, spectacles, manifestations culturelles…

> Cadre professionnel : réunion de travail, congrès…

2) Missions du codeur

Dans toutes les situations le codeur doit contrôler la vitesse de transmission des messages en tenant compte du ou des interlocuteurs et de son cadre d’intervention.

Le codeur accompagne l’élève sourd dans ses apprentissages linguistiques et scolaires. Il échange régulièrement avec les enseignants et participe à l’élaboration du projet personnalisé de l’élève. Il peut proposer des cours d’apprentissage à l’outil LPC aux élèves entendants. Il aide à la socialisation du jeune sourd.

3) Prise en charge

La prise en charge des codeurs se fait de différentes manières. Certains services spécialisés (SAFEP, SSEFIS…) ont des codeurs salariés, qui interviennent dans les classes. Dans certains départements, des associations ont été créées par des parents pour embaucher des codeurs (souvent sous forme d’emplois jeunes). Elles sont généralement aidées par des subventions locales (Conseil Général, Ville) et par une contribution des parents (reversement d’un complément de l’Allocation d’Education Spéciale). Enfin, quelques codeurs ont choisi le statut d’AVS. L’Education Nationale a embauché des codeurs sous forme d’AVS, mais ceux-ci ont rarement le diplôme de codeur.

les formations au métier de codeur

Deux licences professionnelles de codeur LPC (Bac+3) sont proposées à :

– l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) : http://www.licence.sdv.upmc.fr/fr/03_LicPro/03_LProCodeur/

– l’Université Claude Bernard Lyon 1: http://offre-de-formations.univ-lyon1.fr/parcours-294/codeur-langue-francaise-parlee-completee.html

L’objectif de ces licences professionnelles de codeur LPC est de former des professionnels accompagnant les jeunes sourds en intégration scolaire et universitaire, à une bonne maîtrise du code LPC au travers d’enseignements théoriques et pratiques. Cette formation leur permettra de transmettre en langue française aux jeunes sourds, tous les messages oraux avec l’aide du code LPC (Langue française Parlé Complété).

L’ALPC fait partie des comités de pilotage de ces licences.

Avec le soutien de

Qualités requises pour accéder à la formation :

> Excellente maîtrise de la langue française orale et écrite ;

> Intérêt pour le monde de l’enseignement et de la culture ;

> Aptitude à la communication ;

> Intérêt porté à l’enfance et à l’adolescence ;

> Capacité d’adaptation ;

> Sens du travail en équipe.

Public pouvant accéder à la licence professionnelle :

> Etudiants ayant validé un Bac +2 ;

> Professionnels de la surdité dans le cadre de la formation continue ;

> Personnes ayant une expérience d’au moins trois ans dans le domaine de la surdité par validation des acquis de l’expérience (VAE).

Le vade-mecum du métier de codeur
http://www.alpc.asso.fr/formulaires/LICENCES%20CODEURS%20LPC
/VademecumCodeur.pdf

L’orthophoniste

L’orthophoniste exerce son activité en libéral ou en centre de soins. Il éduque la parole et l’audition de l’enfant sourd. Il participe à l’émergence du langage.

L’orthophoniste :
– se doit d’informer les familles le plus largement possible.
– accompagne, guide, soutient les parents tout au long de la prise en charge.
– donne à l’enfant et à sa famille les moyens d’accéder de façon naturelle et avec plaisir  à une communication la plus riche possible.
– son rôle auprès de l’enfant est de développer l’audition, la parole et le langage. Si la  compréhension de la langue est en général facilitée par une pratique importante du LPC, l’accès à l’expression ne peut se faire sans des pratiques rééducatives adaptées.
– entretient des relations étroites avec les autres intervenants de l’équipe spécialisée.

Contenu de la prise en charge orthophonique :

1) Education précoce (0 à 3 ans) :

Cette prise en charge a lieu suite au dépistage précoce de la surdité. Elle s’adresse à l’enfant et à ses parents.
But de l’éducation précoce :
– Adapter la communication existante et préparer l’accès au langage oral.
– Restituer aux parents leurs compétences : aucun professionnel ne peut prendre la place de la famille dans l’accompagnement de l’enfant.
– Faire prendre conscience à l’enfant du monde sonore et des significations des bruits qui l’entourent (éducation auditive).
– Faire prendre conscience à l’enfant de son corps et de ses possibilités motrices  (éducation polysensorielle et perceptivo-motrice).
– Développer les capacités de l’enfant (développement cognitif).

L’éducation auditive ne suffit pas. L’orthophoniste à recours à des aides complémentaires :
l’éducation du regard, la lecture labiale, le LPC, l’emploi de gestes signifiants, de désignations…, la LSF.

Pour que l’enfant puisse s’exprimer, la rééducation orthophonique est indispensable. Elle consiste en :
– un travail de l’articulation
– un travail de la voix

L’orthophoniste peut faire appel à différentes méthodes : verbo-tonale, Borel-Maisonny, dynamique naturelle de la parole.
L’orthophoniste aide l’enfant à accéder à la lecture et à l’écriture.

Le LPC permet de présenter une langue plus diversifiée : il n’y a plus de problèmes perceptifs, l’orthophoniste peut donc utiliser de nouveaux mots et les expliquer en français, ne plus faire de phrases simplifiées à l’extrême….

En dehors des exercices d’entraînement auditif pur et du travail de la qualité de la voix, le français codé permet une communication spontanée.

Le code n’est pas réservé aux enfants qui  » parlent bien  » puisqu’il agit sur le versant réception de la langue et non sur le versant production de la parole.

L’enseignant spécialisé

Pour les enfants en intégration collective (CLIS, UPI, classes annexées), c’est l’enseignant spécialisé qui assure les cours.

Pour les enfants en intégration individuelle :
– Le professeur spécialisé assure le soutien scolaire.
– Il reprend les cours qui n’ont pas été compris en classe et prépare avec l’enfant les   cours à venir, les mots difficiles…
– Il adapte sa communication au mode de réception de l’enfant.

L’éducateur spécialisé

Il participe à la vie quotidienne de l’enfant (repas, loisirs…). Le LPC peut donc être utilisé en langage spontané en mettant l’accent sur le naturel et le plaisir dans la communication.

  • Pour aller plus loin

Professionnels de la surdité : quelques réponses à vos questions
http://www.alpc.asso.fr/formulaires/FicheProfessionnels.pdf