Comment démarrer le LPC avec un jeune enfant

Votre enfant est sourd ou malentendant. Des professionnels (médecin ORL, audioprothésiste, orthophoniste…) vous aident déjà, mais leurs interventions ne suffisent pas.

Parents, vous avez un rôle essentiel à jouer !

Vous souhaitez parler à votre enfant sourd ? Vous souhaitez qu’il puisse vous parler à son tour ? Vous souhaitez pouvoir utiliser avec lui votre propre langue ? Dans le plaisir de communiquer ! Oui, il est tout à fait possible de parler français avec les sourds !

Dès son plus jeune âge, vous pouvez recourir au code LPC avec votre enfant, en commençant par coder des petits mots (« maman », « papa », « gâteau »), puis en enrichissant progressivement le vocabulaire, comme vous le feriez avec un enfant entendant. Même si le jeune enfant ne semble pas toujours très réceptif au départ, il commence en réalité à décoder et surtout, il apprend à vous regarder, à regarder vos lèvres bouger, à suivre les mouvements de vos mains : il débute alors son apprentissage du code et de la lecture sur les lèvres.

Au stade pré-linguistique (avant 18 mois) 

Etablir une communication sans nécessairement passer par la parole (ce qui ne veut pas dire non plus se taire). Quelques conseils:

  • S’exprimer avec tout le corps, caresser le visage de l’enfant, puis se servir de l’expressivité du visage pour préparer le sourd à regarder le visage.
  • Montrer à l’enfant que quand on s’exprime par la parole, le geste, la langue des signes, c’est pour faire passer un message.
  • Mais aussi, l’aider à s’exprimer, à transmettre un message en répondant à ses sollicitations. Exemple: « Tu pleures ? Pourquoi ? Tu as faim ? Tu as mal ? »
  • L’amener à la découverte du monde sonore, lui apprendre à utiliser ses prothèses sans inonder son univers de bruits permanents.
  • Faire repérer à l’enfant un bruit, puis mettre en correspondance le bruit et la source du bruit. La voiture de papa arrive, on regarde par la fenêtre. Le téléphone sonne, on montre que l’on répond. De même, une porte qui claque, c’est à cause du vent.
  • L’enfant sourd babille, mais n’ayant pas de retour (contrôle audio phonatoire), ne prend pas de plaisir à son babillage et risque de l’abandonner. Il faut l’encourager à continuer en lui montrant que l’on est content de l’entendre.
  • Répéter après lui « PA PA PA, MA MA MA, ATA ATA ATA… »
  • Jouer avec les bruits et sa voix
  • Exagérer la voix, la moduler, imiter le cri des animaux

Prononcer des onomatopées en rapport avec l’intérêt de l’enfant : POUM, HOP HOP

 Et le code dans tout ça?

  • On peut accompagner un mot ou un bruit par le code. Même si l’enfant ne sait pas quoi en faire, il s’habitue à regarder la bouche et les doigts.
  • Commencer à coder dès que les parents sont formés et dès que coder ne gêne pas leur expressivité faciale ou vocale, coder le babillage.

Au stade linguistique

Quand il prononce ses premiers mots, l’enfant va reproduire PAPA sans vouloir dire Papa : mettre tout de suite du sens en montrant Papa. Faire de même avec tous les mots.A partir de là, coder le plus possible :

  • en choisissant les mots fétiches (doudou, voiture…)
  • en allant vers l’intérêt de l’enfant
  • en proposant des petites structures, puis des petites phrases en les compliquant : « Tu viens, tu viens jouer, tu viens jouer au ballon, tu viens jouer au ballon avec moi. » C’est pratique aussi pour entraîner le code qui s’améliore avec la progression de l’enfant.
  • Toujours vérifier qu’il y a compréhension.
  • Mettre ce que l’on dit en correspondance avec le sens (photo, objet …).
  • Raconter des petites histoires, ne pas hésiter à adapter le texte, à répéter, à expliquer.
  • Ne pas oublier les comptines et pourquoi pas les chansons si l’on y prend plaisir.

 D’autres conseils, en vrac

  •  Proposer le code dès qu’on l’utilise avec un peu de spontanéité.
  • Si possible il est souhaitable que les deux parents codent ainsi que l’orthophoniste.
  • Privilégier le confort de l’enfant. Et si l’on sait coder, il faut coder.
  • On n’enseigne pas le décodage au tout petit.
  • Ne pas exiger de retour, ne pas faire répéter tout le temps.
  • Coder selon la personnalité de l’enfant : si l’enfant est porté sur le mime, l’exploiter, s’il a besoin de manipuler, le laisser faire.

 Et si ça ne marche pas aussi bien qu’on le voudrait ?

Persévérer ! Parfois, il faut savoir patienter, coder même si l’enfant ne regarde pas, accepter certains moments de refus, saisir les moments de calme. Tous les enfants ne démarrent pas vite. Rester convaincu du LPC, et éventuellement passer par d’autres modes de communication, lui proposer quelques signes. Cela ne remet pas en cause le choix de parler français avec votre enfant, c’est un autre moyen d’y arriver.